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Le village de Oradour-sur-Glane.
 
   

Alors qu'Emmanuel Macron participait ce samedi 10 juin à la commémoration du 73e anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane, retour sur la figure héroïque et méconnue de l'abbé Lorich.

Le 10 juin 1944, alors que les forces alliées ont jeté une tête de pont solide sur les côtes de Normandie, des éléments de la division blindée SS allemande « Das Reich » quittent la région de Montauban, où ils étaient cantonnés, pour remonter vers la zone du Débarquement. Sur leur route, ils sont la cible des coups de main répétés des maquisards. Alors qu’ils ont déjà commis un massacre la veille en pendant 99 civils aux balcons de Tulle, les Allemands — arrivés à hauteur du village d’Oradour-sur-Glane, dans la Vienne — décident de mener des représailles.

Peu avant 14h00, le village est encerclé par les SS, armés jusqu’aux dents. Hommes, femmes, enfants, vieillards : toute la population est tirée des maisons et rassemblée en moins d’une heure. Les Allemands ne parviennent à obtenir aucune information sur une cache d’armes qui se trouveraient dans la localité. Réunis par petits groupes, les hommes sont abattus au fusil ou à l’arme automatique, tandis que les femmes et les enfants sont parqués dans l’Église à laquelle les soldats mettent le feu. L’horreur absolue. 642 personnes sont tuées. Le pire massacre commis sur le sol français par les forces d’occupation.

Jusqu’au bout

Parmi les victimes, un prêtre, l’abbé Jacques Lorich. Âgé de 45 ans, il assiste alors le curé d’Oradour-sur-Glane. Son itinéraire est étonnant. Originaire de la Moselle, formé au séminaire de Metz, il avait été expulsé de la commune de Charly avec 153 autres habitants, lorsque son département avait annexé au Reich. C’est au sein d’un groupe de 64 de ces réfugiés qu’il était arrivé à Oradour le 17 novembre 1940, tandis que les autres avaient été envoyés dans d’autres communes.

Lorsque les SS investissent sa maison, où réside aussi sa sœur Angélique, l’abbé Lorich fait preuve d’un impressionnant sang froid. « Minute, minute, on y va », répond-il aux soldats enragés qui rassemblent les habitants. Le prêtre parle parfaitement allemand. Aussi est-il en première ligne pour parlementer avec les SS lorsqu’ils investissent Oradour. Situation d’autant plus tragique qu’il se retrouve face à plusieurs compatriotes alsaciens-mosellans, incorporés de force comme « malgré-nous », dans les rangs SS.

Malgré son calme, le vicaire pressent la tragédie qui arrive, surtout quand il assiste au rassemblement des femmes et des enfants dans l’église. Il n’a alors plus qu’une seule volonté : se joindre à eux pour les assister jusqu’au bout. Mais à ses demandes insistantes, les SS opposent un refus catégorique. Comme tous les autres hommes, l’abbé Lorich est fusillé dans un champ, sans que les circonstances de sa mort soient connus avec précision. Il serait tombé au côté de l’abbé Jean-Baptiste Chapelle, 71 ans, curé de la paroisse. Quant à sa sœur, Angélique, elle périt dans l’église embrasée.

Après la guerre, la mère de Jacques et Angélique Lorich — également endeuillée par la mort de son autre fils Gustave au camp de Dachau en février 1945 — aurait déclaré : « Si Dieu pardonne, alors moi aussi je peux pardonner à ceux qui ont tué mes enfants… ».

Une page Facebook est consacrée à cette famille exemplaire :

 
 
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