Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 13:45

« La force qui, en silence et sans bruit, change le monde et le transforme en Royaume de Dieu, c'est la foi - et l'expression de la foi, c'est la prière. Lorsque la foi se remplit d'amour pour Dieu, reconnu comme Père juste et bon, la prière se fait persévérante, insistante, elle devient un gémissement de l'esprit, un cri de l'âme qui pénètre le cœur de Dieu. De cette façon, la prière devient la plus grande force de transformation du monde. Face à des réalités sociales difficiles et complexes, comme l'est certainement la vôtre, il faut renforcer l'espérance, qui se fonde sur la foi et s'exprime en une prière inlassable. C'est la prière qui garde allumée la flamme de la foi. Jésus demande : "Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?"

(Luc 18, 8).

 

C'est une question qui nous fait réfléchir.

 

Quelle sera notre réponse à cette interrogation préoccupante? »


Homélie de Benoît XVI - 21 octobre 2007

 

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« Demandez et vous recevrez »

 

Dans l'évangile Jésus-Christ nous assure que DIEU écoute notre prière : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira » (Evangile selon saint Matthieu chap. 7, v.7). Il affirme que Celui qui est le Créateur de l'Univers visible et invisible est un Père attentionné, plein de tendresse et de bonté : « Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux, donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent » (Matthieu chap. 7, v.11)

Même si l'expérience quotidienne semble démentir cette certitude pour Jésus il n'y a pas de doute, le Seigneur répond à la prière, une prière qui naît d'un « amour humble, confiant et persévérant ». Ses paraboles sont claires sur ce point, tout particulièrement celle de l'ami importun (Evangile selon saint Luc chap. 11 v.5-8) et de la veuve qui demandait justice (Luc chap. 18 v.1-8)

Cependant Jésus nous met aussi en garde sur une mauvaise interprétation de sa parole. La prière pouvant être comprise comme ayant un pouvoir magique : « Quand vous priez ne rabâchez pas comme les païens ; ils s'imaginent que c'est à force de paroles qu'ils se feront exaucer » (Matthieu chap. 6, v.7). Que cherche-t-il à nous dire ?

Vous trouverez ci-dessous des extraits de lettre écrites en réponse à cette question et à bien d'autres, sur « l'efficacité de la prière ».

Père Frédéric

 

 

Instrumentaliser Dieu ?

Chère Sophie,

Tu as raison de dire qu'il y a toujours un risque d' « instrumentaliser Dieu » dans la prière de demande. Il y a une manière de prier qui cherche à forcer la main de DIEU, comme si le résultat de notre prière dépendait de nous, de notre persévérance, de nos paroles, de notre engagement. La prière est toujours gratuite car elle est avant tout un murmure d'amour.

Elle ne s'impose jamais. Notre prière ne peut arracher, prendre, ou obtenir, mais elle peut accueillir. Elle est humble, comme l'est l'amour, car elle se reçoit d'un Autre, de Celui en qui elle a mis sa confiance. C'est le Père qui suscite, par son Esprit, la prière en nous.

Bien-sûr, notre prière dépend beaucoup de l'image que nous avons de DIEU. Lorsque je prie pour quelqu'un ou pour quelque chose à quel « Dieu » suis-je en train de m'adresser? Nous projetons sur ce nom tellement de choses ! Ne cache-t-il pas parfois un « Dieu pervers », tout puissant mais laissant agir le mal, un Dieu qui n'aime pas vraiment, qui demande de « souffrir », inquiète, culpabilise ou domine. Qui est-il donc pour moi, Celui qui s'est révélé en Jésus-Christ comme Père? Imaginant DIEU sous différents visages, beaucoup attendent de la prière ce que le Père ne peut donner. Seul Jésus-Christ nous le révèle. ( Voir Catéchisme Eglise Catholique n°2735)

Ainsi, lorsque nous prenons le temps de regarder et d'écouter Jésus, nous voyons bien que nous ne pouvons exercer aucune pression dans la prière de demande et qu'elle n'est donc pas une « transaction. Jésus nous le dit : « votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous ne le lui demandiez » - Evangile selon saint Matthieu, chap. 6 v.8

Père Frédéric

 

 

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Comment demander ? Que demander ?

Chère Sophie,

Le « Notre Père », la prière que Jésus nous a enseignée, contient bien en effet trois demandes :

La prière de Jésus peut
nous aider à découvrir
ce qu'est la vraie prière de demande.

« Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour /
Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés /
et ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal ».

Tu auras peut-être remarqué que dans l'Evangile selon saint Mathieu cette prière arrive juste au moment où Jésus demande à ses disciples de ne pas « rabâcher comme les païens » qui « s'imaginent que c'est à force de paroles qu'ils se feront exaucer » (Mt 6, 7). L'évangéliste veut nous signifier que la prière de Jésus peut nous aider à découvrir ce qu'est la vraie prière de demande.

Jésus, en effet, ne nous donne pas là une formule pour nous adresser au Père, il nous montre un chemin, une manière de prier : « Vous donc, priez ainsi » :

- D'abord se tourner vers le Père et lui seul, avec un profond désir qu'Il se révèle à tous et que son Règne vienne.
- Ensuite se dessaisir de notre volonté, de notre demande, pour ne vouloir que la volonté de Dieu, ce qu'il désire pour nous.
- Et seulement après lui dire : « donne-nous »
- Que lui demander ? - le pain de ce jour, le pain, qui est nourriture, qui fait vivre. C'est-à-dire la Parole. Se nourrir de sa Parole. C'est très concret, cela concerne notre vie aujourd'hui.
- Après cela Jésus nous invite à reconnaître ce qui fait obstacle en nous et nous empêche non seulement de demander d'une manière juste et vraie mais aussi de recevoir.
- Nous recevons à la mesure de notre don, comme il nous est pardonné à la mesure de notre pardon. Insistance de Jésus sur ce point (Voir aussi l'Evangile selon saint Matthieu, chap. 7,2).

Comme tu le vois le chemin que nous propose Jésus dans la prière de demande est avant tout ce qui est le propre de l'amour : une invitation à nous dessaisir de nous-mêmes, de notre vouloir, pour nous ajuster au désir du Seigneur pour nous car il désire nous donner le meilleur :

« Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ». (Mt 7,11)

L'évangéliste Luc précise : « Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent.» (Lc 11, 13)

Il ne s'agit pas de demander au Père n'importe quoi, n'importe comment ! Jésus le souligne dans l'Evangile de saint Jean : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous arrivera » (Jean 15, v.7 et 16). Il dit cela à ceux qui demeurent en lui, dans son amour, notre prière y prenant sa source, ceux qui sont dociles à son Esprit, ajustés à sa volonté...

Lorsque nous faisons cette expérience nous découvrons l'humilité de la prière. La Toute puissance de DIEU est celle de l'Amour, rien que celle de l'Amour mais toute celle de l'Amour.

Père Frédéric

 

PS - Comment reconnaître l'Amour ? En allant jusqu'au bout de l'itinéraire de Jésus, jusqu'à la croix.

« La prière chrétienne...est le contraire d'une fuite de la réalité, d'un intimisme consolateur : elle est une force d'espérance, la plus haute expression de la foi dans la puissance de Dieu qui est Amour et qui ne nous abandonne pas » Benoît XVI (Naples, 21 octobre 2007)

 

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Evangile selon Saint Matthieu, chap. 6

7 Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens ; ils s'imaginent que c'est à force de paroles qu'ils se feront exaucer.
8 Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.
9 «Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux, fais connaître à tous qui tu es,
10 fais venir ton Règne, fais se réaliser ta volonté sur la terre à l'image du ciel.
11 Donne-nous aujourd'hui le pain dont nous avons besoin,
12 pardonne-nous nos torts envers toi, comme nous-mêmes nous avons pardonné à ceux qui avaient des torts envers nous,
13 et ne nous conduits pas dans la tentation, mais délivre-nous du Tentateur.
14 «En effet, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi;
15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes.

Traduction Œcuménique de la Bible

 

 

 

Prier, à quoi ça sert ?

Chère Priscille,

Tu dis « prier ne sert à rien » ! C'est juste, la prière n'est pas utile dans le sens où on pourrait l'utiliser en vue de quelque chose. Cependant elle nous conduit à la source, elle est communion avec le Père et le Fils, dans l'Esprit. Elle est le souffle gratuit de l'Amour.

Depuis le Burundi tu m'écris : « Prier c'est bien joli mais il faudrait plutôt se concentrer sur l'action. Ont-ils besoin de la prière ces gamins d'ici qui traînent dans la rue et les handicapés qui se traînent par terre ? » Oui, je pense qu'ils en ont besoin, comme du souffle et de l'amour, car c'est tout un. Cela ne suffit pas certes, c'est trop évident, comme le dit l'épître de Jacques : « prouve-moi ta foi sans les œuvres et moi je tirerai de mes œuvres la preuve de ma foi » (Jc 2, 18). Mais notre société qui ne croit qu'en l'action a souvent perdu de vue la source de cette action au point de la vider de son sens. Comme lorsqu'on pose le geste technique auprès d'une personne âgée en service long séjour, efficace, net, soulageant, mais parfois vide de l'essentiel, de la présence et de l'amour. L'un ne va pas sans l'autre.

La prière véritable ne peut conduire qu'à l'attention à l'autre et à l'action, elle s'incarne dans nos vies, sinon ce n'est qu'une soupe de bons sentiments. La prière est relation à l'Autre, à Celui qui est à la source de tout. Elle est communication avec Lui. Ne pas croire à « la prière » c'est ne pas croire qu'Il est vivant et que l'on peut communiquer avec Lui. L'Amour n'est pas toujours visible entre une mère et son enfant et cependant je te le dis, si cette mère dans son cœur n'avait aucun amour pour son enfant, celui-ci en mourrait. Car au-delà des gestes, l'amour passe dans les relations. Au-delà du visible et du sensible, il est une force qui agit dans le monde. Sans l'amour le monde ne serait pas, il n'existerait pas. La prière véritable est amour.

Père Frédéric

 

 

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Dieu a-t-il besoin de notre prière ?

Cher Jacques,

Dans une méditation du livre
de l'Exode Benoît XVI
dit :

Il s'agit du célèbre récit
de la bataille entre les Israélites
et les Amalécites
(cf. Ex 17, 8-13a - Lire).
Ce qui détermina l'issue
de ce dur conflit fut
précisément la prière
adressée avec foi au vrai Dieu.
Alors que Josué et ses hommes
affrontaient les adversaires
sur le champ de bataille,
Moïse était sur la cime de la
colline avec les mains levées,
dans la position de la personne
en prière.
Ces mains levées du grand
condottiere garantirent
la victoire d'Israël.
Dieu était avec son peuple,
il en voulait la victoire,
mais son intervention
était conditionnée
par les mains levées de Moïse.
Cela semble incroyable,
mais c'est ainsi:
Dieu a besoin des mains levées
de son serviteur !

 


Tu me demandes si DIEU, Celui qui est à la source de tout, a besoin de notre prière ? N'est-il pas Tout Puissant ? Pourquoi devrait-il attendre ma prière pour agir ? C'est une bonne question et je ne sais pas y répondre complètement. Je pense seulement que c'est le mystère de l'Amour auquel nous sommes confrontés. Un amour si respectueux de l'autre, si discret et effacé, qui ne force pas la liberté, au point d'en être désarmé et vulnérable, au point d'être un « mendiant d'amour » espérant notre regard, notre cœur, notre prière. Comme le père du « fils prodigue (lire le récit Lc. 15 v. 11-32) qui respecte ses choix, sa liberté, attendant le moindre geste de son enfant pour le prendre dans ses bras. Tant qu'il refuse de revenir, le père ne peut qu'être là, présent, en attente, en souffrance. Ainsi notre Père, dans sa profonde miséricorde semble ne pouvoir faire autrement, non pas en vérité qu'il ne puisse pas, mais parce que depuis toujours il a désiré ne rien faire sans nous, sans que nous puissions collaborer, avec son Fils, à sa mission au cœur du monde. Notre prière, d'une certaine manière, lui permet d'agir, non qu'il en ait besoin strictement parlant, mais cependant elle l'autorise à agir. Ce n'est pas l'homme paralysé (lire le récit Mc 2, 3-12) qui demande à Jésus de le guérir, ce sont d'autres qui le portent vers Lui et qui rendent possible son action.

Pour aider sa mission le Christ nous invite Lui-même à prier, à intercéder auprès du Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson (Mathieu 9,38). Il y à là un enjeu de conversion personnelle : croire que ma prière, humble et fragile, comme peut l'être notre propre souffle et notre amour, nous met en communion avec Jésus-Christ, et facilite son action dans le monde. Rien de spectaculaire, pas de bruit, pas de buzz. Le Seigneur agit dans le monde comme un « mendiant d'amour » qui frappe à la porte de nos cœurs. L'Amour est relation, il est invisible même s'il tend à prendre chair, geste, corps, mais l'amour est aussi à sa source comme le bruissement du roseau prenant racine dans les profondeurs de la terre, pendant longtemps dans l'obscurité on ne voit rien et pourtant ses racines deviennent si profondes, que le jour où il surgit à la lumière il atteint le ciel. Le temps vient où l'Amour qui pétrit le monde se révèlera en plénitude. « Maranatha, Viens Seigneur Jésus » (Ap. 22,20).

Père Frédéric

 

 

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TEXTES BIBLIQUES

 

Evangile selon saint Luc, chap. 15, v. 11-32

11 Il dit encore : «Un homme avait deux fils.
12 Le plus jeune dit à son père : ‹Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir›. Et le père leur partagea son avoir.

13 Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre.
14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l'indigence.
15 Il alla se mettre au service d'un des citoyens de ce pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait.
17 Rentrant alors en lui-même, il se dit : ‹Combien d'ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim !
18 Je vais aller vers mon père et je lui dirai : Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi.
19 Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers›.

20 Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
21 Le fils lui dit : ‹Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...›
22 Mais le père dit à ses serviteurs : ‹Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds.
23 Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
24 car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé›. Et ils se mirent à festoyer.

25 Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses.
26 Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c'était.
27 Celui-ci lui dit : ‹C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras parce qu'il l'a vu revenir en bonne santé.›
28 Alors il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père sortit pour l'en prier;
29 mais il répliqua à son père : ‹Voilà tant d'années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres; et, à moi, tu n'as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui !›
31 Alors le père lui dit : ‹Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
32 Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé›.

Traduction Œcuménique de la Bible

 

La prière est-elle efficace ?

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Chère Sophie,

Comme je te le disais la prière n'est pas « efficace » dans le sens d'un automatisme, car la vraie prière est fragile, humble, comme un murmure d'amour. Cependant lorsqu'elle est ainsi, elle a une réelle fécondité. L'amour qui nous met en relation les uns avec les autres est comme la pluie qui nourrit la terre et qui produit du fruit, 100, 60, et 30 pour un (Lire Isaïe 55, 8-11 / Lire la parabole du semeur ). La parabole du semeur est aussi une parabole sur la prière, la parole ne produit pas toujours les fruits dans le cœur. Mais si la prière est infinie tendresse, sans produire ce que nous souhaiterions, elle peut cependant être fraîcheur en été et manteau chaud en hiver pour ceux que nous confions.

De manière assez étonnante Jésus, et toute la tradition biblique, souligne que notre persévérance dans la prière est essentielle. Pourquoi ? DIEU serait-il sourd, aurait-il des problèmes de mémoire ? De nombreux épisodes soulignent cette persévérance, comme le récit de la femme Syro-Phénicienne qui implore la guérison de sa fille (Lire le récit - Mt. chap 15, 21-29), ou les paraboles de Jésus sur l'ami importun (Lire le récit - Lc. 11, 5-8) ou encore la veuve qui demande justice (Lire le récit - Lc. 18, 2-5). Cela signifie-t-il que par la prière nous pourrions faire changer DIEU d'avis ? Il est vrai que Jésus, à l'écoute de la femme Syro-Phénicienne, change d'attitude. Mais je pense que cette persévérance, cette insistance, n'est pas tant pour « forcer » le cœur d'un Dieu qui serait insensible, ce serait méconnaître Celui qui se révèle en Jésus, mais pour nous permettre, d'entrer nous-mêmes dans l'amour et d'ajuster notre prière.

La prière persévérante, dans la confiance, est féconde lorsqu'elle vient du cœur, c'est-à-dire que celui qui prie y est engagé de tout son être, à la manière de Jésus, jusqu'au point de souffrir et de pleurer pour l'autre, cet Amour rejoint alors le cœur du Père et nous met en communion avec Lui.

DIEU ne peut pas tout comme le voudrait notre imaginaire. Il n'est pas Merlin ! Il ne peut forcer la liberté des hommes et forcer les événements, comme l'amour il ne désire qu'inspirer, murmurer, soutenir, accompagner. Cependant l'Amour, l'autre nom de DIEU, est tout puissant. Voila un grand mystère qui ne se dévoile qu'avec la mort sur la croix de Jésus et sa Résurrection. L'Amour est la force la plus considérable qui soit.

Un ancien disait : « L'homme qui est assis dans sa cellule et qui médite les psaumes est semblable à un homme qui cherche le roi. Mais celui qui prie sans cesse est semblable à celui qui parle au roi. Quant à celui qui demande avec larmes, il tient les pieds du roi et lui demande pitié, ainsi que l'a fait la femme qui en peu de temps lava de ses larmes tous ses péchés ». (Lire le récit - Luc 7, 40-50 )

Père Frédéric


 

TEXTES BIBLIQUES

 

Livre du prophète Isaïe, chap. 55, v. 8-11

8 C'est que vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins - oracle du SEIGNEUR.
9 C'est que les cieux sont hauts, par rapport à la terre: ainsi mes chemins sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées, par rapport à vos pensées.
10 C'est que, comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l'avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange,
11 ainsi se comporte ma parole du moment qu'elle sort de ma bouche: elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l'avais envoyée.

Traduction Œcuménique de la Bible


 

 

 

Evangile selon saint Luc, chap. 11, v. 5-8
L'ami importun

5 Jésus leur dit encore: «Si l'un de vous a un ami et qu'il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: ‹Mon ami, prête-moi trois pains,
6 parce qu'un de mes amis m'est arrivé de voyage et je n'ai rien à lui offrir›,
7 et si l'autre, de l'intérieur, lui répond : ‹ Ne m'ennuie pas ! Maintenant la porte est fermée ; mes enfants et moi nous sommes couchés ; je ne puis me lever pour te donner du pain›,
8 je vous le déclare : même s'il ne se lève pas pour lui en donner parce qu'il est son ami, eh bien, parce que l'autre est sans vergogne, il se lèvera pour lui donner tout ce qu'il lui faut. 

Traduction Œcuménique de la Bible

Publié dans : Prières
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Commentaires

J'aime cette phrase de Benoit XVI :
"Celui qui prie ne perd pas son temps".
Commentaire n°1 posté par Agnès le 24/02/2012 à 10h18

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