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À la lecture de l’évangile d’aujourd’hui et de la 1re lecture, tirée du prophète Ézékiel, il y a un danger qui nous guette dans l’interprétation littérale et légaliste de ces textes.  L'évangile ne nous invite évidemment pas à nous poser en redresseur de torts, à faire la leçon ou la morale aux autres, ni à être médisant et à dire à qui veut entendre les défauts ou les actes délictueux de tel ou telle. Souvenons-nous de la parabole du bon grain et de l'ivraie : ce n'est pas à nous de faire le tri définitif entre les bons ou mauvais. L'apôtre Paul le redit à sa façon : « L'accomplissement parfait de la Loi, c'est l'amour ».

 

L'Évangile est au sens propre une Bonne Nouvelle. Et il nous dit : « Si ton frère a commis un péché… » Autrement dit, quoi qu'il ait fait, l'autre reste ton frère. Le prophète Ezékiel parlait du méchant qu'il faut avertir et menacer. Jésus, lui, parle de ton frère. Le frère, c'est celui qui m'est lié de façon unique et définitive. C'est en effet une bonne nouvelle que nous annonce ici Jésus. Il nous dit que nous sommes solidaires les uns des autres. Nous ne pouvons pas nous désintéresser de ce que font les autres, des chemins de traverse où ils risquent de s'égarer, des erreurs ou fautes qu'ils commettent.

 

Ce que nous dit Jésus, ce n’est pas de faire la leçon à l'autre, de l'accuser et de le rejeter, mais de lui donner le bras pour l'aider à cheminer, voire à reprendre pied sur la route de la vie, sur une route meilleure. C'est ce qu'a fait Jésus qui lui aussi a vécu la solidarité des ébranlés. Nous sommes solidaires, mais c'est la solidarité des ébranlés. Car si parfois il est évident que mon frère ou ma sœur agit mal, comme lui, je suis un ébranlé, un chancelant. Comme lui, il m'est arrivé de tomber, de fauter. Et je suis sans cesse au risque de tomber et de fauter. Jésus nous aide à faire communauté, car  quand deux ou trois sont réunis en son nom, il est là au milieu d'eux. C'est dans la prière que nous puisons la force de dépasser nos rancunes, nos jalousies, nos mesquineries. Quand deux ou trois se réunissent en son nom, l'Église existe.

 

De quel droit, moi qui suis aussi faible et pécheur, je puis aller trouver mon frère ou ma sœur pour le reprendre. Quelle catastrophe plus grande encore quand nous laissons les communautés s'étioler dans l'indifférence, quand nous nous taisons face au mal, quand nous refusons le pardon. Je fais de toi, dit Dieu à Ezékiel, un guetteur pour la maison d'Israël, celui qui prévient du danger. Chaque croyant est appelé à devenir un guetteur. Être un guetteur, ce n’est pas épier les gens pour les prendre en défaut ou en faute, afin de les dénoncer et de les punir. Être un guetteur, c’est être une sentinelle pour les autres, afin de les protéger des dangers qui les menacent. Ça suppose aussi que celui ou celle qui joue ce rôle, reconnaît ses propres limites et peut ainsi partager son expérience avec les autres, dans le respect de leur liberté.

 

Nous sommes responsables de notre communauté, nous devons profiter du potentiel de chacun, favoriser l’engagement personnel, bref : propager la Bonne Nouvelle. La Bonne Nouvelle de Jésus, c'est une loi neuve : le Royaume est offert à tous.  Le message de Jésus ressuscité est une invitation au pardon, au partage, à l’inclusion, au respect, à l’espérance et à l’amour. Nous sommes libres de répondre à  cette invitation. Nous sommes libres de choisir les moyens de notre action.

 

Qu’allons-nous répondre à cette invitation?

 

(N.Dame des Trois Vallées)

Tag(s) : #Méditation