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Nous sommes peut-être assis au bord d'un lac, en vacances. Mais, l’été, après les semences, le semeur continue sa tâche afin de préparer la récolte. Dans l’Évangile, le semeur c’est l’Esprit et tous ceux qui répondent à l’appel de Jésus. La foi ne se transmet pas comme nous transmettons un héritage ou des chromosomes, automatiquement. Elle est don de Dieu. Elle est reçue librement et nul ne peut l'imposer, pas plus que nous ne pouvons forcer personne à aimer. Mais nous devons la proposer avec douceur et respect.

 

La semence, c'est la parole de Dieu qui engendre la foi et la vie chrétienne. Cette semence tombe sur des sols divers dans le cœur humain. Elle tombe sur la route où elle est perdue par manque de profondeur. Elle tombe aussi sur le terrain caillouteux où elle sèche par manque de culture religieuse. Elle tombe encore sur les ronces où elle est étouffée en raison des passions, de l'égoïsme ou de la légèreté. Elle tombe aussi dans la bonne terre où elle produit son fruit.

 

La foi doit mûrir comme la graine qui a besoin de racines. Il y a des âges de la foi. De même qu'une plante commence par être une jeune pousse qui grandit pour devenir l'arbre vigoureux, capable de résister aux intempéries, il y a la foi de l'enfant, enthousiaste, celle de l'adolescent, inquiète, celle du jeune homme ou de la jeune fille, en recherche, celle de l'adulte, plus affermie mais non sans problèmes. Nous ne passons pas sans douleur d'une étape à une autre. La foi peut connaître des éclipses, des temps de doute et de recherche. Il faut du temps entre les semailles et les moissons. L'essentiel est de préparer le terrain, savoir écouter et comprendre, et surtout témoigner par l'exemple.

Nous devons être capable comme la bonne terre de multiplier la vie. Nous devons être une terre accueillante, heureuse de recevoir de nouvelles semences, du grain nouveau. Nous devons être le lieu où la semence apprend à être ce qu’elle n’est pas encore, à s’épanouir dans l’épi. La vie est dans la semence. Tout est possible parce que Dieu est un semeur constant, infatigable. Dieu sort sur les routes du monde pour semer. Dieu répand encore ses germes de vie à pleines mains, et la semence est une certitude d’avenir. La semence portera du fruit; elle aura le dessus, malgré sa petitesse. À côté des ronces et des épines, à côté des sols pierreux durs et rudes, il y a toujours une bonne terre qui accueille et fleurit. Un bourgeon finira bien par sortir, un rameau finira bien par s’élever.

 

L'Évangile nous parle tout à la fois de semailles et de moissons, car pour Dieu, c'est toujours le temps et des semailles et des moissons. Chacun est responsable du choix du lieu où il se tient pour écouter la Parole. Si nous ne quittons pas le chemin balisé de la vie quotidienne pour nous risquer en plein champ, si nous n’écoutons que d’une oreille distraite, si nous recevons la Parole dans un cœur sec, refermé sur lui-même, soucieux de son seul bien-être, nous ne tiendrons pas dans l’épreuve. Seuls ceux dont le cœur a été travaillé par la charrue de l’épreuve et de la patience, seuls ceux dont le cœur est disponible porteront du fruit. Dieu n'arrête pas de semer, c'est-à-dire d'appeler les hommes à la foi, et chaque jour il est dans l'attente du résultat de la récolte. Tout se joue sur le terrain, dans le cœur humain.

 

Quelle terre sommes-nous?

 

 

Tag(s) : #Méditation