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Le 24 mars, le pape François reçoit les "28-1" États membres d’une Europe en mal d’espérance.

Le pape François recevra au Vatican les chefs d’État et de gouvernement des vingt-sept États membres (sans le Royaume Uni-en train de négocier sa sortie) de l’Union européenne le 24 mars, à l’occasion du soixantième anniversaire des traités de Rome, les deux textes fondateurs de l’UE signés le 25 mars 1957 entre la France, l’Italie, la République fédérale d’Allemagne et les trois pays du Benelux. Le premier instituant la Communauté économique européenne (CEE), le second la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom).

« Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère (…), d’une Europe capable de défendre et protéger l’Homme », avait confié le Saint Père en recevant le prestigieux Prix Charlemagne d’Aix-La-Chapelle pour « l’unification européenne », le 6 mai 2016. Ce prix, il a voulu le dédier « à toute l’Europe », voyant ce moment « non pas comme un geste de célébration » mais comme une belle occasion de « souhaiter ensemble un élan nouveau et courageux à ce cher continent ».

Cette Europe, avait souligné le pape ce vendredi 6 mai, a besoin de « prendre un peu de recul par rapport au présent pour écouter la voix » de ses ancêtres – les Pères fondateurs de l’Europe – qui « ont eu l’audace non seulement de rêver d’Europe, mais osé aussi transformer radicalement les modèles qui ne provoquaient que violence et destruction ».

Le Pape affligé

Comme il avait montré son affliction, le Pape, ce jour-là, devant la disparition des grands idéaux qui ont inspiré sa fondation : « Que t’est-il arrivé, Europe humaniste, paladin des droits de l’Homme, de la démocratie et de la liberté ? Que t’est-il arrivé, Europe terre de poètes, de philosophes, d’artistes, de musiciens, d’hommes de lettres ? Que t’est-il arrivé, Europe mère de peuples et de nations, mère de grands hommes et de grandes femmes qui ont su défendre et donner leur vie pour la dignité de leurs frères ? ». Ce fut l’occasion pour lui de lancer un nouveau défi, de demander aux 28 États européens de se donner un nouveau départ, « d’actualiser  » l’idée de l’Europe. Et « actualiser » pour le Pape, ce n’est pas « se contenter de petites retouches esthétiques ou de compromis bancals pour corriger quelques traités », mais « poser courageusement de nouvelles bases ».


Lire aussi : Prix Charlemagne : Le rêve européen de François


Le souverain pontifie rêve d’une « Europe des familles, avec des politiques centrées sur les visages plus que sur les chiffres, une Europe dont on ne puisse pas dire que son engagement pour les droits humains a été sa dernière utopie ». Il rêve d’une Europe capable « d’intégrer », de « dialoguer » et de « générer », des aptitudes qui « inspirent plus que jamais à construire des ponts et à abattre des murs », a-t-il réaffirmé en recevant son Prix.

Le pape François est le deuxième pape à avoir reçu le Prix Charlemagne. Jean-Paul II avait été récompensé en 2004 pour son soutien au syndicat polonais Solidarnosc et aux révolutions pacifiques contre les régimes communistes en Europe centrale et de l’Est.

Une Europe fatiguée

Deux mois plus tard, dans un message-vidéo à plus de 300 mouvements et communautés oecuméniques, rassemblés à Munich, en Allemagne, pour encourager « l’esprit d’une Europe unie et multiforme », le Pape appellera mouvements et communautés chrétiennes d’Europe à faire de leurs maisons, de leurs communautés et de leurs villes des « laboratoires de communion, d’amitié et de fraternité », capables de « traduire les valeurs base du christianisme en réponse concrète aux défis d’un continent en crise ».


Lire aussi  : Pape François sur l’Europe : « Votre “Ensemble”… élargissez-le ! »


L’Europe est fatiguée, malade, en mal d’espérance, avait-il souligné, le 25 novembre 2014, en adressant à tous les citoyens européens un message d’encouragement devant le parlement de Strasbourg. Encouragement, lui a-t-il souhaité, à « revenir à la ferme conviction des Pères fondateurs de l’Union Européenne, qui ont souhaité un avenir fondé sur la capacité de travailler ensemble afin de dépasser les divisions, et favoriser la paix et la communion entre tous les peuples du continent » ; encouragement à « vaincre toutes les peurs que l’Europe – avec le monde entier – est en train de traverser ».


Lire aussi : Voyage du Pape à Strasbourg : « Le devoir de rappeler l’importance de la responsabilité de l’Europe »


En toile de fond : le choc du Brexit

En décidant de quitter l’Union européenne après 43 ans de partenariat, les Britanniques, non seulement, ouvrent une nouvelle page de leur histoire, mais celle également de l’UE qui voit son avenir et son sens de plus en plus remis en question. Le Brexit constitue une rupture historique. Que va-t-il se passer ? Que dira le Pape ? Le Brexit 2est la volonté exprimée par le peuple. Cela exige de nous tous une grande responsabilité afin de garantir le bien du peuple du Royaume-Uni, ainsi que le bien et le vivre ensemble de tout le continent européen », a réagi brièvement et prudemment le Pape à bord de l’avion le conduisant en Arménie, le 24 juin 2016.


Lire aussi : Le Brexit en trois points


Une refondation de l’Union européenne – « en pleine crise idéologique et anthropologique », avait reconnu Martin Schultz, le président à l’époque du parlement européen, en marge de la visite du Pape – est-elle possible ? Que pense le Pape ? Quatre mois plus tôt, il avait répondu aux journalistes à bord de l’avion le ramenant du Mexique : « J’aime cette idée de “refondation” : cela pourrait peut-être se faire ! Parce que l’Europe, je ne dirais pas qu’elle est unique, mais elle a une force, une culture, une histoire qu’on ne peut pas gâcher, et nous devons tout faire pour que l’Union européenne ait la force, et aussi l’inspiration, de nous faire aller de l’avant (…) Mais aujourd’hui, où trouve-t-on un Schuman, un Adenauer ? Ces grands, qui après la guerre, ont fondé l’Union européenne ? ».


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