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Il y a un peu plus d’un an, La Croix s’intéressait à « ces start-up qui bousculent l’Église catholique ».

La deuxième édition, il y a quelques jours, de « Pitch My Church », rassemblement de lanceurs de sites et applications chrétiennes, a confirmé la vitalité de ce secteur, qui doit relever le défi de la pérennité économique.

Lors de la 2e édition de « Pitch My Church », à Paris, le 3 février. / Guillaume Poli/Ciric

L’année dernière, ils s’appelaient « Hozana », « La Quête », « Entourage » et « GeoConfess ». Le 3 février dernier, pour la deuxième édition de « Pitch My Church », grand rassemblement des entrepreneurs du numérique chrétien à Paris, le public a pu découvrir cinq nouveaux projets. L’événement a montré le dynamisme toujours à l’œuvre dans ce petit monde, mais aussi la solidité de ceux qui n’en sont plus au stade des effets d’annonce et des soirées de lancement. Car trouver un business model stable, gage de viabilité économique, est un des principaux défis pour des entrepreneurs.

Des modèles économiques basés sur le don

Pour se financer, beaucoup comptent sur les dons. C’est le cas de Hozana, le « Facebook de la prière » lancé il y a trois ans, qui compte désormais 110 000 utilisateurs, même si des levées de fonds régulières auprès de grands donateurs sont encore nécessaires. « Les dons sont en forte croissance : en 2016, ils ont couvert environ 50 % de notre budget, contre 30 % en 2015 », explique Thomas Delenda, fondateur d’Hozana. De quoi garantir une visibilité suffisamment confortable pour embaucher : la petite équipe recrute un développeur informatique.

Chez Ephatta, à l’affiche de Pitch My Church 2, on compte aussi sur la générosité des utilisateurs, d’une manière un peu différente. Fondé fin 2015, ce site d’hébergement chez l’habitant axé sur la gratuité fait déjà figure d’aîné, mais vient tout juste de trouver un moyen de récolter de l’argent : sur le modèle du « donativo », cher aux pèlerins de Compostelle, l’invité peut donner une somme libre à son hôte, qui a lui-même la possibilité de reverser à une association tout ou partie du don – moins une commission prélevée par le site. Là aussi, le succès est au rendez-vous. « Nous comptons 8 300 membres, dans 80 pays, avec une moyenne de 600 à 700 nouveaux inscrits chaque mois », annonce fièrement Thibaud de Bernis, cofondateur du site.

Lire aussi : Ephatta, futur réseau mondial dédié aux voyageurs chrétiens

De franches réussites et des retards

L’application Entourage, présentée l’année dernière, est elle aussi une franche réussite. Cet outil d’aide aux organisations d’assistance aux sans-abri, lancé par Jean-Marc Potdevin, ancien cadre de Yahoo, a reçu en janvier le label « La France s’engage », remis par l’Élysée, qui s’accompagne d’une importante aide financière.

D’autres ont pris du retard, comme GeoConfess, qui d’ailleurs a changé de nom. Cette application qui veut mettre en relation pénitent et confesseur sur le modèle d’Uber, développée en partenariat avec la chaîne KTO, s’appelle désormais « GoConfess », mais est toujours en phase de test.

Le besoin d’un accompagnement

Du côté de l’application La Quête, qui permet, lors de la messe, de remplacer les espèces par un micro-don réalisé à l’aide de son smartphone, « il n’y a pas eu de décollage comme certains ont pu le penser au début ». C’est ce que confie Paul Tréhard, cofondateur de ce service. Avec sept diocèses partenaires, contre zéro il y a un an, les choses avancent, mais « au rythme de l’Église », résume-t-il.

Il se réjouit d’ailleurs de travailler aujourd’hui « main dans la main avec la Conférence des évêques de France », ce qui a permis de corriger l’offre de La Quête pour mieux l’adapter au cadre ecclésial. Un accompagnement que le P. Éric Salobir, il y a un an de cela, appelait de ses vœux pour éviter « le développement d’une pastorale parallèle ».

Un bouillonnement créatif du monde catholique

Aujourd’hui, le responsable de la communication des dominicains, qui accompagne différents projets à travers le réseau Optic, souligne la nécessité pour les start-up de penser leur stratégie à long terme. « Il faut multiplier les connexions avec les acteurs du numérique non chrétiens », conseille le P. Salobir, qui estime vital que ces entreprises songent aussi à leur développement international.

« Les tendances de l’année dernière se sont confirmées, il y a toujours un bouillonnement créatif », se réjouit le dominicain. « Il commence même à y avoir de la concurrence entre des projets similaires », relève François Pinsac, le créateur de Pitch My Church. Par exemple, deux sites proposent un calendrier d’événements, et trois recensent des retraites spirituelles. « À la fin, sur des segments si étroits, il n’y aura de place que pour un, prédit le P. Salobir. C’est un processus qui sera douloureux pour certains porteurs de projets, mais il permet un vrai choix par les utilisateurs. »

Lire aussi : « #PitchMyChurch 2 », l’événement des start-up cathos

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► Les 5 start-up présentées à « Pitch My Church 2 »

Ephatta. Cette plateforme d’hébergement gratuit chez l’habitant, d’inspiration chrétienne et ouverte à tous, permet aussi de créer une page dédiée à un événement spécifique.

Acolyte 2.0. Ce « jukebox liturgique » proposera un vaste choix de chants et de musiques à diffuser lors des célébrations, en l’absence de chorale, d’orgue ou d’animateur. Lancement prévu en juin.

Praying Heroes. Cette application propose un accompagnement personnalisé de l’utilisateur dans un moment de prière quotidien. Lancement prévu en juillet.

Digitheo. Porté par le P. Ronan de Gouvello et son frère Yoran, ce projet de site veut aider les paroisses à recréer et entretenir le lien avec les baptisés peu pratiquants ou éloignés de l’Église.

Prixm. Inspirée par l’École biblique de Jérusalem, cette lettre d’information propose de faire découvrir chaque semaine un texte biblique, ses interprétations et ses traductions dans l’art.

Gauthier Vaillant
Tag(s) : #La Croix