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Dans son message de Noël, le cardinal Laurent Monsengwo a lancé un message très politique, alors que l’Église est engagée dans la médiation pour sortir de la crise entre le président Joseph Kabila et les forces d’opposition en République démocratique du Congo.

Le Cardinal Laurent Monsengwo célébrant une messe à Kinshasa le 21 septembre 2016.

Le Cardinal Laurent Monsengwo célébrant une messe à Kinshasa le 21 septembre 2016. / Eduardo Soteras/AFP

« Le fait de prendre le pouvoir par les armes ne justifie pas qu’on ne puisse le quitter que par les armes. » Dans son homélie du 24 décembre, diffusée le lendemain dans toutes les paroisses de la République démocratique du Congo, le cardinal Laurent Monsengwo a adressé un message presque transparent au président congolais Joseph Kabila, dont le second mandat aurait dû expirer le 19 décembre, après dix ans à la tête de l’État.

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« Il est révolu le temps où l’on cherchait à conserver le pouvoir par les armes, en tuant son peuple, ces jeunes qui ne réclament que leur droit de vivre un peu plus dignement », affirme ainsi l’archevêque de Kinshasa, dans son texte de Noël.

> A lire : “La paix de Noël exclut les assassinats, les tueries, la violence”, dénonce le cardinal Monsengwo dans l’homélie de Noël

Situation extrêmement tendue

Depuis plusieurs mois, la situation est extrêmement tendue en RD-Congo. Aucun accord n’a été trouvé pour la tenue d’élections permettant de trouver un successeur à Joseph Kabila qui, selon la Constitution, ne peut prétendre à un troisième mandat et dont les opposants demandent le départ. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) est très engagée dans la médiation pour trouver une issue à cette crise. Le Vatican suit aussi la situation dans le pays avec une attention particulière.

> À lire : Le pape a reçu les évêques de RD-Congo

Depuis début décembre, des pourparlers ont lieu à Kinshasa sous l’égide des évêques pour permettre la signature d’un accord d’ici à la fin du mois pour l’instauration d’un régime de transition politique jusqu’à l’entrée en fonction d’un nouveau président élu.

« Il est plus facile de tuer que de ne pas tuer. Il est plus facile de céder à la violence que de résister à la force. Il n’y a pas de grandeur à manier les armes pour tuer les gens », a encore affirmé dans son message le cardinal Monsengwo, rappelant l’appel lancé récemment par le pape François, exhortant les Congolais à être des « artisans de réconciliation et de paix ».

Respect de la Constitution

« La paix de Noël implique la justice, l’amour, la vérité, sans lesquels on s’expose à des mécontentements, des frustrations, des troubles sinon à des émeutes, contraires à l’harmonie sociale, indispensable à la réconciliation », ajoute l’archevêque, alors que les heurts post-19 décembre ont fait une quarantaine de morts dans le pays, selon l’ONU. « Celui qui respecte la Constitution n’a rien à craindre de la justice. Celui dont les droits sont bafoués se sent protégé par la même Constitution », prévient-il encore.

Aux premières heures de la fin officielle du mandat de Joseph Kabila, des violences ont éclaté entre les manifestants exigeant son départ du pouvoir et des forces de l’ordre qui avaient quadrillé les principales villes du pays, mais pas massives comme le craignaient certains.

> À lire : Le message du pape aux catholiques de RD-Congo

Marie Malzac (avec Jeune Afrique et RFI)
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