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« Remèdes pour soigner les maladies de l’âme », c’est le titre du livre offert par le pape François aux responsables de la Curie jeudi 22 décembre.

Un guide comportemental et spirituel écrit par le P. Claudio Acquaviva, supérieur général des jésuites au XVIIe siècle.

C’est le clin d’œil appuyé du pape, au terme de son discours annuel aux responsables de la Curie : tous se sont vus offrir un exemplaire du livre Remèdes pour soigner les maladies de l’âme, du jésuite Claudio Acquaviva. Comme un « complément » des douze clés de la réforme de la curie énoncées par le pape dans ce discours.

Le P. Claudio Acquaviva (1543-1615) fut le cinquième supérieur général de la Compagnie de Jésus. Élu à cette fonction en 1581, il l’occupa jusqu’à sa mort. Son mandat correspondit à une intense période de développement de la compagnie, au cours de laquelle les effectifs de jésuites passent de 5 000 à 13 000.

Un ouvrage « utile à tous les fidèles »

L’ouvrage offert par le pape, dans sa première traduction française datant de 1776, était intitulé : Manuel des supérieurs ecclésiastiques et réguliers, des confesseurs et des directeurs, ou l’art de guérir les maladies de l’âme. En dessous du sous-titre, cette précision : « Ouvrage également utile à tous les fidèles, dans toutes les conditions ».

Le supérieur jésuite dresse effectivement une liste des « maladies de l’âme » que l’on peut observer, notamment, chez les membres d’une communauté. On trouve par exemple « Sécheresse et distraction dans la prière », « Défaut d’obéissance », « Railleries et paroles oiseuses » ou encore « Aversion pour les frères ». Pour chacun de ces travers de la vie spirituelle, le P. Acquaviva décrit les symptômes et propose une ligne de conduite à suivre pour les corriger.

> Lire le livre sur Google Books

« Esprit de vanité »

Ainsi, peut-on lire, au chapitre « Recherche des distinctions, des honneurs et des louanges ; Esprit de vanité. » : « Certains signes d’amour-propre, de vaine gloire, qui échappent et qu’on traite assez volontiers de bagatelles, annoncent souvent un orgueil décidé (…). » Et il décrit ainsi la personne atteinte de cette maladie : « Dans ce qui concerne l’obéissance, s’il n’y voit rien d’apparent et de flatteur pour lui, il y trouve toujours beaucoup de difficultés. S’il fait quelque action à laquelle on ne paraisse point faire attention, le dépit et le chagrin se saisissent de lui. Si, dans les fonctions dont il est chargé, il ne reçoit point d’éloges, il se décourage ; au contraire, s’il est loué selon ses désirs, il s’enorgueillit, devient méprisant et hautain. »

« L’aulicisme ou la fréquentation des grands »

À la fin de l’ouvrage, un chapitre est consacré à ce que le P. Acquaviva appelle « l’aulicisme, ou la fréquentation des grands », et qu’il définit ainsi : « Esprit de vanité, d’ambition, d’amour-propre, qui fait rechercher la connaissance, la familiarité des grands et des personnes titrées, soit dans l’État, soit dans l’Église. »

Cette « maladie de l’âme », écrit le jésuite, « s’insinue dans l’âme, sous le prétexte séduisant d’attacher à son ordre, les potentats de la Cour et de l’Église. Si l’on faisait une revue sur soi-même, on verrait bientôt que c’est son intérêt particulier que l’on cherche, et que l’esprit de la Religion s’efface en nous, en proportion de la communication que nous avons avec les Grands de la terre. »

Pour des responsables exemplaires

Mais le supérieur général des jésuites s’adresse aussi aux responsables de communautés eux-mêmes, les encourageant à avoir une attitude exemplaire : « Un homme chargé du soin de guérir les faiblesses et les maladies d’une Communauté, doit à plus forte raison réfléchir sur lui-même. Étant le serviteur de tous les autres, il est livré à de grandes sollicitudes, et rendra compte de chacun d’eux en particulier. (…) Toujours attentif sur ce qu’il doit faire, sur ce qu’il doit éviter, il ne se croira pas innocent, précisément parce qu’il ne fait rien contre sa règle. »

Gauthier Vaillant
Tag(s) : #La Croix