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©P. RAZZO

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http://www.famillechretienne.fr/foi-chretienne/vivre-en-chretien/excuser-ou-pardonner-207111

CHRONIQUE | Transmettre | 09/11/2016 | Numéro 2026 | Par Père Luc de Bellescize

 
 

 

Dieu n’est pas venu nous excuser, il est venu nous pardonner. C’est très différent. Chercher des excuses en permanence, dédouaner l’homme de sa responsabilité, a quelque chose d’infantilisant, là où le pardon nous redonne à nous-mêmes, nous rend justes, fait de nous des hommes debout. Un homme juste reconnaît qu’il ne l’est pas devant Dieu qui le relève. « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour », disait le roi David après son adultère avec Bethsabée et l’assassinat de son époux. « Ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait » (Ps 50).

La religion chrétienne serait-elle culpabilisante ? Accusation courante que l’air du temps, qui se prétend libre mais n’est qu’un esclave totalement abruti de conformisme et de bien-pensance, nous adresse bien souvent. Pour lui, le catholique est nécessairement un semi-fanatique nostalgique des croisades et ennemi du plaisir…

Stérile culpabilité

La culpabilité pour elle-même est pourtant radicalement étrangère à notre foi. Elle est une vieille femme stérile qui creuse sa propre tombe. Il y a dans la culpabilité une dimension d’enfermement dans l’étroitesse de soi, là où l’aveu est libérateur et ne peut s’opérer qu’à la lumière d’un regard qui nous aime et qui nous espère. « Je rendrai grâce au Seigneur, dit le Psaume 31, en confessant mon péché. »

La culpabilité est solitaire, la contrition est relationnelle, elle nous ouvre aux profondeurs de Dieu comme le grand prêtre au jour du Yom Kippour, du Grand Pardon, entrait dans le Saint des Saints. La miséricorde, c’est l’entrée dans le côté du Christ en croix, dans le cœur de Jésus.

Dans la grâce de la contrition, on ne pleure pas sur soi en confessant ses fautes, on pleure sur l’Amour blessé, parce que sa lumière nous traverse au milieu de nos ombres.

Demander le don de la contrition

Chassez la culpabilité mortifère, demandez le don de la contrition. Trop souvent, on se lamente non pas parce qu’on a dilapidé la vie reçue de Dieu, mais parce qu’on a brisé l’idéal de perfection qu’on s’était fait de soi, l’empire du « moi » qui contre-attaque sans cesse devant la grâce. On gémit devant les ruines de notre orgueil blessé comme un gamin devant son jeu brisé. Comme le dit le proverbe chinois : « Plus haute s’élève la statue, plus lourde sera sa chute »… « Nos cœurs brisés, nos esprits humiliés, reçois-les », dit le roi David.

Sans le regard du Christ qui m’a tant et tant de fois relevé, je ne serais jamais devenu ce que je suis toujours appelé à être. Du fond de mon cœur, je crie vers lui avec la foule immense des saints : « Kyrie eleison ! » Avec le pèlerin russe, je récite la prière du cœur comme la respiration de l’âme : « Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur, prends pitié de moi, pécheur. » Je retourne chez moi, justifié par sa grâce : « Ta règle a sur nous-mêmes un droit sacré. Je suis faible, Tu m’aimes. Je maintiendrai. » (1)

Père Luc de Bellescize

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