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Vivre la messe (12) – Bonus : visite guidée de l’église

FICHE | 24/09/2013 | Par Marie de Varax

http://www.famillechretienne.fr/foi-chretienne/fondamentaux-de-la-foi/vivre-la-messe-12-bonus-visite-guidee-de-l-eglise-102099

Si la messe peut être célébrée en théorie en tout lieu (ah, ces messes scoutes célébrées en plein air, sur deux cantines cabossées !), l’église est le lieu privilégié pour sa célébration. Elle exprime visiblement l’unité du peuple chrétien rassemblé par le Christ.

1/ Dans la barque de l’Église

2/ Le chœur au cœur

3/ L’hôte de ces lieux

Le coin des enfants : l’église, la maison du peuple de Dieu

En franchissant la porte de l’église, nous arrivons dans le narthex [1]. Saviez-vous qu’autrefois les catéchumènes (personnes demandant le baptême) se tenaient ici ? Pas encore baptisés, donc pas encore membres de l’Église, ils se tenaient néanmoins sur son seuil, pour recevoir son enseignement. Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous un instant et mettons-nous dans la peau d’un catéchumène ayant soif de l’amour du Christ.

Puis prenons le temps de tracer sur nous un beau signe de croix, avec un peu d’eau bénite contenue dans le bénitier, en faisant mémoire de notre baptême.

1/ Dans la barque de l’Église

De la porte, nos yeux remontent la nef (là où se trouvent tous les bancs et chaises pour l’assemblée) et se posent sur le chœur, l’endroit où se trouve à son centre l’autel. « Le chœur représente la tête du Seigneur. La nef désigne le corps du Christ dont nous sommes les membres », explique Caroline Gourlet [2].

Dans les églises plus importantes, la nef est séparée du chœur par le transept, ce bras horizontal qui donne à l’église sa forme de croix, en référence, bien sûr, à la croix du Christ. Dans certaines églises, la croisée du transept est surplombée par une coupole : la forme carrée de la croisée du transept qui symbolise la terre s’élève jusqu’à la forme ronde de la coupole, symbole de Dieu. Est évoqué ainsi dans la pierre l’« admirable échange » de ce Dieu devenu homme pour nous faire don de sa divinité (antienne de l’octave de Noël).

À partir du IIIe siècle, les chrétiens peuvent sortir des catacombes et des chambres hautes de leurs maisons pour construire des bâtiments qui abritent leurs prières. Le contenant prend alors tout simplement le nom de son contenu, en perdant la majuscule : l’Église, le peuple de Dieu assemblé (ekklesia, en grec), convoqué par le Christ au nom de Dieu.

Les chrétiens prennent pour modèle de construction celui de la basilique romaine, lieu de réunion civil quadrangulaire, à plusieurs nefs. Peu à peu, cette forme de basilique évolue vers celle que nous connaissons le mieux, celle de la croix.

La nef tire son nom de la forme de sa voûte, qui évoque un bateau renversé (nef, navis : navire). Les fidèles – vieux, jeunes, pauvres et riches : tous dans la même galère !... Tous sont des membres d’égale dignité du Corps du Christ. Tournés vers l’autel où le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ, ils sont orientés dans une même direction : vers Jésus.

Les chapelles latérales, sur les bas-côtés, possèdent un autel où autrefois chaque prêtre célébrait sa messe du jour. Elles sont dédiées chacune à un saint ou à une sainte : saint patron de l’église, saints et saintes locales, grands saints de l’Église… Nous pouvons leur demander de prier pour nous, maintenant qu’ils sont auprès de Dieu : c’est ce que symbolisent les cierges placées devant leur représentation.

Mère de l’Église qui nous mène vers son Fils, la Sainte Vierge a une place d’honneur : une statue ou une icône, décorée de fleurs, se trouve non pas dans les chapelles latérales, mais généralement dans le chœur ou tout à côté.

2/ Le chœur au cœur

Le chœur est l’endroit le plus important de l’église car le sacrifice de la messe y est célébré. Il est tourné vers l’est. Par rapport à la synagogue qui se tournait vers le Temple de Jérusalem, c’est une nouveauté spécifiquement chrétienne : « Le Temple de pierre n’exprime plus l’espérance des chrétiens – son rideau est déchiré à jamais. Le regard se tourne maintenant vers l’Orient, vers le soleil levant. Il ne s’agit pas de rendre un culte solaire, mais d’écouter le cosmos parler du Christ : […] le Verbe vivant né de la Vierge Marie (est la) véritable lumière de l’histoire qui illumine désormais le monde entier [3] »… et qui reviendra, comme il l’a promis, au dernier jour.

Parfois, l’orientation (« tourner vers l’orient »), n’a pas été possible à cause de la topographie : par exemple, l’église abbatiale de Sénanque (dans le Vaucluse), au fond d’une vallée encaissée, est tournée vers… le nord. Cela n’empêche pas l’orientation de notre cœur vers notre vraie Lumière, le Christ !

Dans le chœur, il y a trois lieux principaux : l’autel, l’ambon et le siège de celui qui préside la célébration. De plus en plus, le mobilier liturgique est renouvelé, après les mobiliers provisoires mis en place lors de la réforme liturgique de 1969 : ils sont alors faits dans un même matériau, pour manifester l’unité entre la table de la Parole et la table eucharistique, et le siège du prêtre sans qui la célébration ne peut avoir lieu. Allez voir, par exemple, le nouveau mobilier de la cathédrale de Nantes en granit et marbre jaune (aménagement de 2013), celui de la cathédrale d’Autun réalisé par l’artiste Goudj (2011) ou encore celui de la basilique d’Ars (2008), pour citer des lieux connus… mais les églises et chapelles comptant un chœur réaménagé se comptent par dizaines !

L’autel, symbole du Christ lui-même. C’est la table autour de laquelle on commémore le dernier repas du Seigneur. « L’autel chrétien est le symbole du Christ lui-même, présent au milieu de l’assemblée de ses fidèles, à la fois comme la victime offerte pour notre réconciliation et comme aliment céleste qui se donne à nous » (CEC 1383).

Souvent en pierre pour rappeler les tombeaux des martyrs sur lesquels avaient lieu les premières messes, il est généralement surélevé par une estrade (autel vient de altus, « élevé ») pour signifier la rencontre avec le Très Haut et le réserver au prêtre.

Sur l’autel est souvent disposé un crucifix que nous (célébrant et fidèles) pouvons regarder pendant la liturgie eucharistique. Ainsi, nous nous rappelons que le Christ est le centre de la célébration. Cette croix symbolise également la mort de Jésus, et les bougies, sa résurrection.

L’ambon, être entendu de tous. C’est de ce pupitre imposant et surélevé qu’est proclamée la Parole de Dieu, lors des lectures : Jésus ne montait-il pas souvent sur une montagne pour enseigner son peuple ? Il peut être orné de fleurs et d’un pan de tissu de la couleur du temps liturgique en cours (voir encadré « Les couleurs liturgiques » ci-dessous).

Le siège du prêtre, à la place du Christ. Il symbolise sa fonction de ministre ordonné : il est l’image du Christ qui préside à la liturgie éternelle.

Le cierge pascal, lumière du Christ. Renouvelé chaque année à Pâques, il est le symbole du Christ, « Lumière du monde », qui a vaincu les ténèbres de la mort et du péché. Il est donc allumé pendant les cinquante jours du temps pascal, les baptêmes et les funérailles (en signe d’espérance de la résurrection). En plus des chiffres de l’année, on trouve dessus les lettres grecques alpha et oméga (le Christ est début et fin de toute chose) et cinq grains d’encens incrustés dans la cire, qui évoquent les cinq plaies du Christ par lesquelles il se fait reconnaître après sa résurrection (Jn 20).

3/ L’hôte de ces lieux

Le tabernacle est cette petite armoire verrouillée où le prêtre dépose les hosties consacrées restantes après la communion. Il est parfois recouvert d’un voile appelé conopée, qui en fait une petite tente (tabernaculum, en latin, signifie : tente, en référence à la tente sous laquelle reposait l’Arche d’alliance) : le tabernacle est le lieu où le Christ eucharistique « campe » au milieu de nous.

Une lumière rouge signale que le Christ est là, réellement présent. Il est donc important de manifester, quand nous passons devant, notre adoration et notre respect par une inclination profonde ou une génuflexion.

Un lutrin sur lequel est déposée la Bible ouverte se trouve parfois dans le chœur ou dans une chapelle latérale – un peu sur le modèle (ou en les reprenant simplement) des grands lutrins de chœur d’autrefois sur lesquels les livres de chant liturgiques étaient placés. Il est souvent orné d’un aigle aux ailes déployées, symbole de saint Jean l’évangéliste qui s’éleva très haut dans la contemplation de la nature divine du Christ, ou symbole du Christ lui-même qui, tel l’aigle fixant le soleil, contemple Dieu le Père face à face.

Au fil de l’année liturgique (qui va du premier jour de l’Avent à la fête du Christ Roi de l’univers) et des fêtes qui la ponctuent, les ornements liturgiques et les habits sacerdotaux des prêtres et diacres changent de couleur. Un peu comme la couleur des feuilles d’arbres nous dit à quelle saison nous sommes, ces couleurs nous disent à quel moment nous sommes. Quelle est leur signification ?

• Le violet est utilisé pour les temps d’attente et de pénitence (Avent et Carême) ainsi que pour les funérailles et les commémorations des défunts. Le prêtre peut aussi porter du rose (si, si) : le troisième dimanche de l’Avent (dimanche de gaudete) et le quatrième dimanche du Carême (dimanche de laetare), ce rose est en fait du violet adouci, comme déjà illuminé par la joie des grandes fêtes de Noël et de Pâques qui se profilent à l’horizon.

• Le blanc (ou doré) évoque la Lumière de Dieu et la joie, pour les grandes fêtes – Pâques, Noël, Ascension… – et pour les fêtes des saints. Le blanc peut être également bordé de bleu pour les fêtes mariales.

• Le rouge évoque le sang versé, pour les messes en mémoire des martyrs (saint Étienne…) et pour le Vendredi Saint. Il symbolise également le feu de l’Esprit Saint, pour la Pentecôte et les messes de confirmation.

• Le vert évoque l’espérance et la croissance, pour les messes du temps ordinaire, après les grandes fêtes de Noël et de Pâques, où Dieu fait fructifier dans son Église les grâces reçues à ces occasions.

Le coin des enfants : l’église, la maison du peuple de Dieu

Quand tu es invité chez un ami, est-ce que tu rentres chez lui en courant et en parlant fort ? Non, bien sûr. Tu salues d’abord poliment ses parents, et tu fais attention à ne pas trop les déranger.

Dans une église, c’est un peu la même chose. Quand tu franchis sa porte, arrête-toi un instant. Regarde loin devant toi, dans le chœur (là où le prêtre et les servants d’autel se tiennent pendant la messe) ou à côté : vois-tu une lumière rouge qui brille ? Cela veut dire que Jésus est là, présent dans les hosties consacrées qui restaient après la messe. Le prêtre les a déposées dans un petit coffre appelé tabernacle. Comme à un ami très cher, dis alors bonjour à Jésus (dans ton cœur !) : dis-lui ta joie de venir lui rendre visite.

Puis regarde à côté de la porte : il y a un bénitier, un récipient avec de l’eau bénite. Si tu es baptisé, tu peux tremper tes doigts et faire un beau signe de croix qui rappelle ton baptême.

L’église est la maison du peuple de Dieu, où les chrétiens se rassemblent pour participer à la messe et pour prier. Jésus est un peu le « maître de maison ». N’hésite pas toi aussi à y entrer pour prier… et demande à ta catéchiste ou à tes parents de t’en dire un peu plus dessus !

Marie de Varax

[1] Nous nous plaçons ici dans une église dont le plan est traditionnel. Il y a quelques exceptions anciennes (mausolée de Sainte-Constance à Rome) ou récentes (cathédrale d’Évry, Saint-François-de-Molitor à Paris).
[2] Ma visite à l’église, p. 4.
[3] Benoît XVI, L’Esprit de la liturgie, p. 57-58

Lire la fiche précédente : Vivre la messe (11) – L’envoi : attention, prêts pour la mission ? Partez !

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